Sur les traces de George Orwell

De retour de voyage en Birmanie

Est-ce normal d’éprouver un sentiment de liberté en voyageant  dans un pays qui commence à peine à retrouver la sienne : la Birmanie !

Je reprends mon roadtrip après une grosse semaine de repos en Thaïlande. C’est avec la Birmanie que je continue mon voyage. Comme d’habitude, je voyage sans trop savoir où je vais. Je me laisse juste porté par mon feeling, qui ces derniers temps n’a pas été au meilleur de sa forme.

Entrée dans le pays

J’ai décidé de passer la frontière à Mae Sot, à l’ouest de Chiang Mai. Et s’est à pied, que je commence mon voyage en Birmanie . Donc sous la pluie je franchis le friendship bridge, encore un, pour me rendre à Myawaddy coté birman. De là je dois trouver un bus ou un taxi collectif pour Mawlamyine.
Personne ne part dans cette direction pour le moment. Par contre une voiture est presque complète pour Hpa-an. Je saute dedans en me disant que le détour n’est pas très important.
Après cinq heures de route et un arrêt pour déjeuner, j’arrive à ma guesthouse. Juste à temps pour me mettre à l’abri d’une averse d’un autre monde. Il en sera ainsi toute la journée.Hpa-an averse d'un autre monde

Sept ans sont passés depuis mon dernier voyage au Myanmar ( en Birmanie). Des changements, certes il y en a eu, mais ce n’est pas très visible. À part les téléphones portables qui ont fait leurs apparitions et commence à polluer l’espace !
La population est toujours aussi accueillante. Le glaviot rouge bételsisé jonche toujours les rebords de trottoirs. Les currys sentent toujours aussi bon.

Autre particularité du pays, les voitures possèdent un volant soit à droite soit à gauche, mais elles circulent à droite !

 

Idée de départ!

Le truc de ce voyage en Birmanie serait de remonter jusqu’à Myitkyina, au nord du pays, en essayant de passer par des endroits qui me sont encore inconnu. J’ai aussi hâte de retourner à Katha, ville que j’avais adorée il y a onze ans lors de mon premier passage.
Comme prévu après une nuit à Hpa-an , je rejoins Mawlamyine et l’ile de l’ogre, Bilu Kyun.
Cette île, maintenant reliée par un pont, fait face Mawlamyine. Elle est aussi grande que Singapour, et est habitée par 200 000 personnes majoritairement Mon.sur le chemin de l'ile de l'ogre
Je m’y fais déposer par une moto taxi. Le chauffeur ne comprend pourquoi je m’arrête dans les rizières au beau milieu de nulle part. Enfin du silence !
J’adore la couleur des jeunes pousses de riz, un genre de vert fluo qui pour moi représente presque à lui seul le sud-est asiatique. J’en profite pour errer et prendre des photos, à moitie sous la flotte, dans ce décor de cinéma. De retour en ville, le visage cramé à travers les nuages, je m’attaque à la visite de la Paya Kyaikthanlan, qui inspira en son temps un poème à Kippling ‘’Mandalay’’.

Complétement à l'ouest

Pour aller jusqu’à Bago, j’ai deux solutions : 8 h de train (+ le retard) ou 6 h de bus . Je vous laisse deviner mon choix !
Bago est une petite ville de 260 000 âmes à 80 km de Yangon et fut la capitale du sud du Myanmar. Parsemée de pagodes et de monastères dont dans l’un d’entre eux, le monastère du serpent, m’attend un python de plus de 125 ans. Cette bestiole serait, selon la légende, soit la réincarnation d’un nat soit celle du moine qui en rêva.
Elle fait partie des plus gros serpents du monde avec ses 5 mètres de long et 30 centimètres de diamètre.
Je suis à peine à 80 km de Yangon, mais il va quand même me falloir deux heures et demie de train. Assez vite passées d’ailleurs en compagnie de Paing , un jeune ingénieur birman qui étudie en Inde et qui rêve de terminer ses études en France.
Yangon est un passage obligé pour aller à l’ouest et continuer vers la cote.

Pathein ,

dont la spécialité est les ombrelles en soie peintes à la main , est avant tout un port. Le plus important du delta après celui de Yangon. La région produit le meilleur riz du pays, le Pawsanmwe t’amin ( riz parfumé).
Je suis à proximité de la plage de Ngwe Saung, alors je tente le coup ,même si le ciel me dit le contraire. Je suis impatient de me délasser les orteils dans l’eau du Golfe du Bengale. A peine un pied sur la plage que je vois débarqué : un taxi ! Oui un quad taxi sur la plage, une première. Cette plage est très sale, je veux bien que l’on soit hors saison mais quand même !
En même temps vu que l’Asie du Sud-est est responsable de la moitié des déchets de plastique dans la mer il ne faut pas s’étonner si un minimum de retour atterri sur leurs plages.
Déchets plastique, comme je viens de l’apprendre récemment, viennent un peu de chez nous. Je pense qu’il existe une « mafia » du retraitement des déchets, et qu’ils sont tout bonnement expédiés ailleurs pour faire plus propre chez nous. Je dis ça, je dis rien !

 

La plage :

Pour en revenir à la plage, pas de quoi casser trois pattes à un canard. Il va falloir patienter encore un peu que les investisseurs se jettent dessus (en fait c’est déjà en cour) !
Retour à Pathein et sa gare ferroviaire . Bizarrement il n’y a pas de train pour ma direction alors qu’ici s’achève la ligne en provenance de Kyankin, à 98 km au sud de Pyay sur la rive ouest de l’Irrawaddy ou je me rends !

Depart pour le nord:

11h19, après avoir chargé un scooter et une demi-tonne de bagages sur le toit du mini-van, nous sommes prêts à prendre la route. Tête baissée, les mains jointes sur le volant, le chauffeur fait sa prière. Mon voisin, probablement chrétien, se signe. Du coup, je mets ma ceinture de sécurité, et s’est parti pour huit heures de voyage à travers les rizières de mon vert préféré ( je suis stéphanois ).
Escale d’une nuit à Pyay et de nouveau 7 H de route pour Magwe. C’est un peu plus cour car il n’y a que 200 km. Et enfin après trois petites heures j’arrive à Bagan pour deux jours de repos. Oui encore. J’alterne les longues routes en bus locaux et les plages de repos. Pas de visite au programme.

Voyage à Bagan et ses temples

Bagan c’est un peu le Siem Reap birman avec ses 67 km2, plus de 4000 temples qui furent érigés par les rois de Bagan avant l’invasion mongole . J’ai fait le tour du propriétaire il y a onze ans sous un soleil de plomb, et je ne pense pas qu’il y ait eu des nouveautés intéressantes après le tremblement de terre de 2016 en Birmanie. Je préfère, pour le coup, rester sur mon souvenir.

Bientôt Katha

Je dois maintenant rejoindre Katha sans passer par Mandalay pour l’instant. Une idée à la con parmi les autres ! En route donc pour Monywa avec un night market plutôt sympa et d’agréables visites de pagodes. Ensuite Shwedo, un four poussiéreux. Paysage complètement différent du sud, sec, plus de rizières, par contre comme presque partout, des arbres énormes jalonnent le parcourt. A tel point que par endroit se forme de véritable tunnel de feuillage. La route est super belle, mais c’est tout. 70 km en trois heures !

Il ne me reste plus maintenant que dix heures de voyage en bus de nuit pour atteindre Katha au petit matin.
Cette ville inspira Eric Blair, un officier de police britannique en poste ici en 1926 pour son ‘’Histoire birmane’’, plus connu sous le nom de George Orwell.

Finalement je n’irai pas jusqu’à Myitkyina ! Trop de route et pas assez de temps. Pour Bhamo c’est la météo qui me fait encore une fois changer de cap. Pour aller jusqu’à Mandalay, je dois d’abord retourner à Naba, à 25 km, sur une route presque aussi défoncée que Courtney Cox. Là je chope un train couchette pour 7000 kyat et 12 h de voyage.

Douze heures de train…

Je partage mon compartiment avec un indien et un paki d’une cinquantaine d’année complètement barré.
Ils essayent de fabriquer une pipe à eau avec une bouteille en plastique dans laquelle ils ont fait macérer des feuilles de je ne sais quoi.
L’indien, le plus énervé des deux, arrache les fils de la prise pour charger son téléphone et fait des étincelles avec ! Pourquoi ? Il tente ensuite de s’étendre sur la couchette supérieure. Mais suite à sa manip d’électricien à la manque, le ventilo bug. C’est donc à coup de pied qu’il tente de le faire repartir. Et ça marche !
Arrivée à Mandalay plus tôt que je ne l’avais compris, 4 h du mat, je me rends sans grande conviction à mon hôtel. C’est sur le canapé de la réception que je vais finir ma nuit, comme un gland. Mandalay

Mingun

L’embarcadère pour le ferry de Mingun n’est qu’à quelques centaines de mètres, une chance car je n’ai pas envie de marcher.
Le village de Mingun au bord de l’Awyeyarwady, fut la cité du roi Bodwpaya. La construction de la Paya Pathodawgyi commença en 1790 et s’arrêta en 1819 à la mort du roi. Ce stupa qui devait être le plus grand du monde devint à la fin le plus grand tas de briques du monde.

Il reste néanmoins deux immenses lions mythologiques, des chinthes de briques ; ainsi qu’une cloche de 90 tonnes. L’autre site d’intérêt, la Paya Hsinbyune, qui est composée de sept terrasses blanchies à la chaux représentant les chaines de montagnes entourant le mont Meru, fut probablement construite à partir de matériaux provenant de la paya Mingun.

Doucement vers la fin de mon voyage en Birmanie

Un taxi collectif mène jusqu’à Pyin Oo Lwin. Cette ville qui fut fondée par les britanniques afin de fuir la chaleur de Mandalay devint la capitale d’été de l’administration coloniale. Elle redevient à la mode avec l’arrivée des nouveaux riches du pays. L’endroit peut s’enorgueillir d’un jardin botanique de 176 ha au bord du lac Kandawgyi. Depuis peu la région c’est lancée dans la production de confitures et de vin de fruits.

Le train qui relie Mandalay à Lashio franchit le viaduc de Gokteik. Il fut construit en 1901 par la Pennsylvania Steele Compagny Avec ses 95 mètres de haut il est le plus haut viaduc du Myanmar. Renové en 1990 , il vibre de tous les côtés lors de son franchissement. Ce qui fait tout son ’’charme’’.
Hsipaw, ma dernière halte avant Lashio. Le coin est devenu le rendez-vous de trekkeur en herbe en mal de minorités ethniques. Mais la météo de cette saison ne se prête guère à la balade en forêt. Pour ma part, je peux m’en donner à cœur joie au milieu des rizières. Du vert, du vert ! Le top ! Little Bagan, Myauk Myo, mérite aussi le détour.

 

C’est la fin

Il ne me reste plus qu’une nuit à passer à Lashio avant de m’envoler pour Tachileik et de la franchir la frontière thaïe a Mae Sai.
Depuis le debut de mon voyage  en Birmanie, un truc me chiffonne. La date du tampon thaï n’est pas la même que celle du tampon birman ! Pas de quoi fouetter un chat, mais bon.

Comme prévu, cette histoire de tampons intrigue les douaniers birmans. Ce n’est pas casher le truc ! Coup de fils à la hiérarchie!
Bon, ce ne sont pas des policiers chinois, avec quelques sourires été en faisait le mec surprit, ça passe. Au final je suis resté 29 jours au lieu des 28 autorisés par mon visa.


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Cet article a 2 commentaires

  1. Superbe ce dernier article !!! En plus d’apprendre sans cesse de nouvelles choses (histoire, géographie, littérature,etc…) on voyage totalement à travers toi !! Je me suis imaginée assise à côté de tes acolytes aux pratiques “électriquement” douteuses et j’ai pu voir les rizières que j’aime tant !!! Merci pour tous ces beaux moments partagés !!

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