La suite du voyage se fait a cheval


Sary Mogol au reveil

Coucher avec les poules, lever avec le coq. (Ne cherchez pas je viens de l’inventer)

La suite à cheval. Il est 6H, je sors faire une ou deux photos. Putain ça caille ! Tout est gelé !
Retour sous la couette en attendant le petit dej. Et oui ce sont un peu les repas des bêtes et des humains qui rythment les journées dans ce village reculé.

Jeudi c’est jour de marché.

Chacun viens vendre ou acheter, nourriture, vêtements, vaches, chevaux, moutons, poulets rôtis…Je retrouve mon guide de montagne pour un petit café dans un bouisbouis enfumé qui viens juste d’ouvrir : c’est local !
On en profite tous les deux pour mettre au point le planning des trois prochains jours.
C’est donc à cheval que va se passer l’après-midi.
Alors que je suis déjà attablé chez la mère de Mamyr mon horse guide, le voilà qui arrive avec deux étalons. Ils ne castrent pas les chevaux, apparemment à cause des complications dues à l’altitude, on est à 3000 mètres.
En selle en direction des terrils gris et noirs la mine de charbon.

Plein soleil

sans crème, je commence à cramer. C’est en grimpant cette colline que je me rends compte que mes deux prochains jours vont être costaud. Mon expérience en équitation très limité, bien qu’ayant eu un bon professeur, ajouté à la selle de l’arrière-grand-père de Mamyr commence à faire pointer mes limites, ainsi que mes os. Qu’importe le jeu en vaut la chandelle, c’est à peine croyable un paysage pareil ! Colline, canyon, rivière, pentes peuplée de moutons à perte de vue.
Le vent nous oblige à bifurquer et rentrer en longeant la mine. Là aussi, la taille de cette cicatrice noire est à peine croyable. Plusieurs milliers de tonnes sont extraites chaque jour des entrailles de la terre, mais c’est aussi une des principales sources de revenu des habitants de la région. De retour à la maison c’est l’heure du thé !
La nuit tombe sur Sary mogol, donc diner, coupure d’électricité et dodo…

Le vent nous guette.

Le ciel est couvert ce matin, cela n’augure rien de bon. Départ pour la suite à cheval prévu à 9H30 quand le soleil aura un peu réchauffé la plaine. Après avoir remplie les sacoches et vérifier les étrivières en corde qui ne passeraient pas le contrôle technique nous partons droit en direction du pic Lénine et ses 7134 mètres.

Tels des yacks boys nous chevauchons à travers cette étendue qui doit mesurer la taille de plusieurs milliers de stade de foot. Maintenant les seuls habitants que nous croisons pendant ces trois prochaines heures ne sont que des animaux. Tantôt troupeau de moutons, de chevaux ou de vaches dans la plus totale liberté.
Arrivé au pied des premières collines le vent commence à se faire sentir, c’est là que je remercie ma veste Columbia, le ciel se couvre au loin .La neige peut être. De toute façon nous sommes partis pour deux jours. Il nous faut juste un peu accélérer pour la suite . A trot puis galop.

Nous sommes bien contents de rencontrer enfin une habitation au milieu de ce désert vert. Ici tout le monde se connait, c’est donc sans surprise que nous sommes invites pour une pause thé des que nous descendons de cheval . Assis au coin du feu nous nous remplissons de confiture de framboises d’une sorte de crème réduite et sucrée qui fait me penser à du lait concentré , et de yaourt. En fait le thé n’est jamais servi seul dans ce pays.
A peine réchauffé nous reprenons la route car le vent viens de forcir et que la neige arrive à grand pas. Nous devons rejoindre notre point de chute avant la tempête. A 3500 mètre d’altitude il vaut mieux ne pas braver les éléments.

Enfin des gens !

Nous sommes hébergés dans un chalet comme ils disent dans le coin, par un éleveur de yacks.
Sitôt arrivé le rituel du the recommence, mais cette fois avec beurre et yaourt de yack.
Pendant ce temps-là , madame fait la lessive en faisant fondre de la neige sur son poêle en fonte. Vu qu’il n’y a pas d’eau de source dans le coin et une partie des lacs est salée.
L’air de la montagne, m’a creusé l’estomac, et c’est avec entrain que je me jette sur le plov a la viande yack. Le yack c’est la vie à cet endroit.
Tout naturellement le petit bout de choux de deux ans et demi tente de faire sortir la moelle de l’os qu’il est en train de ronger pendant que sa sœur de neuf mois boit sa tasse de thé. Normal j’ai envie de dire !

Je tombe de sommeil. On plie la nappe avec le pain dedans, et tout le monde file se coucher. Puisque de toute façon il n’y a rien d’autre à faire une fois la nuit tombé. Pour la douche, j’attendrai que la neige fonde !

Sary Mogol la  suite à cheval

6H30

Une envie pressante m’éjecte de mon sac de couchage et m’oblige à pointer mon nez dehors. Ce matin il fait un froid de gueux mais le vent est tombé.

J’ai de la chance, il se trouve que Mr le Yack keeper sort son troupeau et l’emmène dans la pampa. Dès son retour, petit dej ! La ça se complique un peu.
L’idée c’est de déchiqueter du pain, celui qui a dormi dans la nappe, dans un bol et de l’arroser de the au lait salé agrémenté de beurre de yack gout fromage corse Calenzanais.
Finalement je reste sur mon the au lait sucré comme un bon occidental qui ne veut pas perdre ses intestins sur son cheval. Par contre le petit gars ne recule pas devant son bol. C’est déjà un warrior.


Tulpar-Kul lake la suite à cheval

En route pour la suite à cheval , le Tulpar Kul

Maintenant il est temps de prendre congé de nos hôtes et d’entreprendre la suite de cette virée à cheval afin de  de gravir les derniers km jusqu’à Tulpar-Kul lake. A faire des zigzag à flanc de colline sur le dos d’un cheval, monter , descendre les pentes glissantes de boue ou de gel, traverser un passage avec de la neige jusqu’au poitrail me fait me poser des questions sur le bien-fondé de ma ballade.

A l’arrivée, comme prévu, il est gelé. Mais c’est magnifique.
C’est bien beau tout ça mais il faut redescendre et rentrer au bercail. Accompagnés par les marmottes et les yacks, et plus nous descendons plus ceux-ci se font rare. Au loin nous apercevons le village mais Il nous reste encore au moins 25 bornes à parcourir le vent de face dans cette plaine qu’aucuns arbres ne freinent.

Apres deux jours sans me laver, à cavaler tel un cowboy m’attend , une chose totalement improbable m’attend : le sauna.

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